Les 10 choses qu’il ne faut pas dire sur le numérique à l’école sous peine de ….

L’éducation nationale est une magnifique machine, bien huilée depuis des lustres avec les mêmes rouages. Tellement bien huilée d’ailleurs que ça déraille souvent et que quelque soit l’accident, la machine repart toujours en effaçant la catastrophe. Et oui et pour effacer, rien de mieux que de faire disparaître les éléments gênants. Pour maintenir ce fonctionnement, les moyens sont simples, il y a des choses qu’il faut absolument dire et il y a des choses qu’il ne faut absolument pas dire sous peine de…. En même temps je m’en fous, je suis déjà blacklisté.

Non bien sûr que non, ça c’est la pensée. La réalité c’est un mail invitant à discuter, ou le plus souvent un coup de fil parce que cela ne laisse pas de trace ou une entrevue directe qui en laisse encore moins. Dans l’éducation nationale, on ne dit pas les choses comme cela, on dit, je vous invite à reconsidérer ce propos (si possible publiquement), c’est un manque de loyauté envers l’institution (en particulier lorsque vous refusez un travail), ou encore, pensez à la pérennité de ce poste (en particulier si vous avez un poste qui n’est pas devant élève comme si la menace était de retourner devant les élèves). Mais qu’est-ce qui peut bien conduire à ce genre de menaces ou de censure? Et bien des petites phrases, car si l’institution  mesure ses propos, elle a l’habitude de décrypter les vôtres. On ne prendra que l’exemple du numérique hein parce que ce principe s’applique à toute discussion sur l’institution.

Donc voici les 12 CHOSES A NE PAS DIRE SUR LE NUMERIQUE:

1-Les décideurs sont des ignorants:

Alors ça surtout pas, car, à tous les niveaux les décideurs vous sont bien supérieurs. Soit ils paient, soit, ils ont le concours qui fait d’eux des gens bien plus compétents que vous quelque soit le domaine. Et oui sachez que quelque soit la question évoquée, votre IPR ou IEN par exemple est, de par la loi, plus compétent que vous. D’ailleurs comment pourraient ils être des ignorants puisque pour le numérique un formidable comité national a été mis en place, faisant la part belle aux entreprises du numérique. Donc preuve que c’est vous qui vous plantez. Cela est encore plus vrai lorsque les décideurs concernés ont été nommés. ils vous en voudront deux fois plus car leur destin est exceptionnel, ils ont atteint leur poste sans mêmes les prérequis habituels, ce qui en fait des sortes de demi-dieux

2-Ca ne tient pas la route matériellement:

Ne jamais critiquer la mise en place matérielle du numérique à l’école. Les collectivités dépensent beaucoup d’argent et ont des personnels très compétents pour vous dire comment l’utiliser (sans avoir jamais vu une classe). Ainsi, on se retrouve avec des machines obsolètes dès leur achat car, allez savoir pourquoi, l’appel d’offre retenu correspond à une demande vieille en fait de 5 ans. Mais parfois, le matériel est à la pointe mais pour des raisons de sécurité, leur utilisation est quasi impossible. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, la machine marche bien. On se retrouve avec des départements qui équipent tous leurs collégiens de ipad, qui n’ont même pas accès aux espaces de stockage académique pour des raisons de sécurité, qui ne peuvent accéder à aucun site sécurisé (et oui la connexion https sert aussi pour facebook donc on  bloque toutes les connexions https pour que facebook ne soit plus utilisable).

3-Cet ENT est inutilisable

Pour en avoir connu un dans le genre, ce ne sont pas des choses à dire. Le sujet est sensible, ce sont des millions en jeux et de la grosse comm institutionnelle en perspective. Si l’ENT est inutilisable c’est que vous êtes un gros tocard. La collectivité vous objectera qu’à ce prix, c’est forcément bien et sera appuyée par l’institution qui vous objectera qu’il serait temps de repenser vos usages, qu’il faut envisager les choses autrement. Aucun de vos argument ne passera. Y compris lorsque votre ENT sera inaccessible, ce sera pour le bien de tous, pour une amélioration sans précédent qui vous permettra enfin de changer la couleur des textes dans le cahier de texte. On vous fera même des démos de séquences « pédagogiques » du bousin, qui n’auront aucun intérêt puisque faites pour la démo et pas pour des élèves.

4-Il y a de biens meilleurs outils que l’on utilise déjà

Je vous renvoie à la sentence précédente. Il faut changer et utiliser le moins bon. Si vous êtes parmi les gens un peu reconnus dans les usages, on vous arguera que vous faites un petit sacrifice pour le bien de tous car il vaut mieux que tout le monde n’utilise que simplement quelques geeks (prononcer jik par les quelques autorités hiérarchiques qui l’utilisent). Et puis bon, hein, vos outils c’est un peu se vendre à google et autre géant du web alors que ce bon vieux logiciel qui vous empêche tout vrai travail collaboratif, tout échange et pas user friendly lui c’est du 100% sûr. Et puis bon un, c’est la pédagogie qui prime pas l’outil (une vaste phrase inventée en réalité pour faire des plans informatiques pourris).

5-On n’est pas assez formés pour ça:

Bon là je vais être d’accord avec l’institution pour une fois. Faut des fois un peu se sortir les doigts quand ils sont bloqués quelque part. Côté institution il faudra penser à des formations réalistes et concrètes.

6- Ces projets sont à la botte des éditeurs:

A ne surtout pas dire. Parce que d’une part l’éducation nationale est-elle même éditrice par le biais du CNED et du réseau CANOPE, deux  éléments critiqués par la cour des comptes notamment pour leur inefficacité et leur coût, mais aussi parce que tout bêtement, c’est vrai. Les arguments ici seront de tout poil. Au plus haut niveau, on ira jusqu’à vous dire que l’on défend l’emploi dans l’édition, sans vérifier d’ailleurs l’évolution de cet emploi (qui a fortement baissé). L’institution vous aide à  disposer de quantités de ressources numériques de qualité plus que variables, souvent inutiles en classe d’ailleurs, donc ne vous plaignez pas.

7-Il faudrait valoriser les productions numériques des enseignants:

OUh là, vous allez bien loin et là c’est au bas mot le pilori qui vous attend. Donc vous souhaitez que l’on diffuse des ressources faites par des enseignants, genre pas signées et validées par un IPR, pas sous la coupe d’un éditeur, pas RIP ?. Et oui parce que, alors que vous travaillez depuis des années, en utilisant  des ressources variées que parfois vous fabriquez, il faut attendre l’avis d’une sombre commission peuplée d’inconnus pour vous dire que vos ressources ont un réel intérêt. RIP, l’acronyme a de quoi faire rire d’ailleurs.

8-Il vaudrait mieux…..

T’as pas compris, on ne t’a pas demandé ton avis. Il y a des gens payés pour dire ce qu’il vaudrait mieux.

9-Qui va gérer tout ça?

Alors là, cette question  ne vaut même pas la peine d’être émise. Entendu d’un haut responsable académique, « les enseignants savent très bien gérer leur matériel et se passeront d’un accompagnement technique ». OUI d’ailleurs tous les enseignants maîtrisent les adhésions de postes à un serveur linux, le paramétrage de bornes wifi, l’installation de logiciels……. D’ailleurs il faut y voir ici un autre soutien à l’emploi des boites de réparation informatique. Ce non accompagnement technique génère des millions pour les petits artisans informatiques qui passent leur temps à nettoyer les adware porno des enseignants ou les reliquats de jeux webs. Si vous avez de la chance, votre collectivité aura embauché à la hâte 4 ou 5 personnes pour gérer un département.

10-Je vais faire à ma sauce

T’es mort. Et oui, toi qui utilises des services web, parfois ta propre borne wifi. Tu mets en péril l’Education nationale. Tu enfreins des règles de sécurité majeures, tu livres des données à des services tiers. Tu exposes tes élèves au grand Satan du web. Si encore l’académie avait payé pour ce service. D’ailleurs ton blog, il est hors de questions qu’il ne soit pas sur les serveurs académiques qui ont mis à disposition un équivalent avec toutes les limites qui t’ont conduit à aller chercher ailleurs. Le serpent se mord la queue. Tu utilises des services car tu n’es pas satisfait de ceux que l’on te propose, alors on va t’en proposer d’autres qui te feront encore partir. Pourquoi, parce que celui qui décide ne sait pas ce qui se fait en classe, ne sait pas ce que tu attends, et surtout, il couvre ses arrières.

Vous pouvez prendre tous ses éléments et en faire un bingo du numérique à l’école. Vous remarquerez qu’aucune des vraies questions n’est posée. Où sont les élèves, où sont les profs? Tout part d’en haut pour s’écraser.  Ce qu’il en reste, des débris.  Donc sur le web, vous pouvez insulter qui vous voulez, méprisez vos élèves, vos collègues, votre hiérarchie, vous pouvez même dans la vraie vie refuser d’appliquer le programme et finir hors classe mais jamais non jamais, vous ne pouvez dire que le numérique à l’école c’est une foire.

Et à qui cela profite? Et bien dites vous juste que tous ces arguments seront repris indifféremment par  les opposants au numérique et ceux qui disposent d’une conscience numérique. Les réacs du numérique, d’ailleurs en général réacs de la pédagogie, ont là de quoi mettre en exergue l’échec du numérique. Les autres, et bien  ils continuent à bidouiller, se mettre en danger et à subir l’ineptie d’une comm sans réflexion.

Petit hommage aux blacklistés, menacés, sanctionnés, mis au placard pour avoir émis des hypothèses, discuté de faits, réclamé un dû, osé donner un conseil…

 

Pourquoi moi, petit prof de merde avec 15 ans d’ancienneté, je ne démissionne pas de l’EN


Hein oui pourquoi? Bon parce qu’il y a en a plein, ils démissionnent, et ils attendent même pas d’avoir vraiment bossé. Alors hein pourquoi moi je reste, suis-je con? Oui certains ont bien une petite idée là-dessus et se la gardent merci bien!

Alors pourquoi je ne démissionne pas alors que je me suis laissé un an pour sortir la méthode pédagogique de la mort qui tue sa mère et que je suis à peu près le meilleur que l’on puisse trouver sur terre. Hein, pourquoi donc?

Et bien pour tout un tas de raisons. La première est que je n’ai pas prévu de sortir un bouquin sur mes méthodes pédagogiques révolutionnaires et que je n’en ferai probablement jamais parce que je suis trop occupé à préparer mes cours parfois dans l’urgence et parfois un peu merdeux mais qui marchent bien quand même. NON, je n’ai pas le temps d’écrire des articles non plus sur Le Monde ou sur l’Express ou sur n’importe quel truc où on peut écrire des billets parce que j’entretiens déjà 6 blogs à moi et que franchement je fais trop de fautes d’orthographe parce que je ne prends même pas le temps de me relire sur mes propres blogs.

Non je ne démissionnerai pas parce que l’Etat veut faire des petits soldats et que l’on doit enseigner la Nation et faire des petits soldats parce que c’est n’importe quoi, que la nation n’est depuis longtemps plus au centre des préoccupations Lire la suite

Ticeman’s origin part 3: Le super pouvoir (ou comment être mal vu quand on devient prof)

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Bon alors comme d’hab, on va débuter, par une petite vidéo bien sentie parce que pour les habitués, je choisis toujours une vidéo qui correspond bien au sujet!;-)

httpv://www.youtube.com/watch?v=XFWSg4ZVpwE

Bon et voilà! alors c’est pas pour faire plaisir au Gugu tout ça, c’est juste pour montrer que dans la vie, et ben il y a des super pouvoirs de merde. Et parmi les super pouvoirs de merde dans l’éducation nationale, il y a le mien.

Oui, le super pouvoir qui ne sert à rien parce que même s’il est super et ben tout le monde trouve que c’est n’importe quoi.

Et pour ceux qui ne connaissent pas Hero Corp, voilà une web serie que je vous conseille.

Alors je refais pas mon historique, j’ai déjà pondu deux billets là dessus. Pour les deux premiers billets, je ne savais pas encore que je disposais d’un super pouvoir. Mon super pouvoir m’est apparu clairement en 1995. Je passais alors ma maîtrise d’Histoire (une super maîtrise qui m’a valu une mention très bien et que j’adore relire tellement je suis narcissique). Bref, je vais faire ma maîtrise mais comment la rendre.

Ben trois solutions. Une machine à écrire, payer quelqu’un pour me taper le truc ou un ordinateur. Solution 1! has been. Solution deux: je ne sais pas pourquoi mais je sens que ça va être long à 20 francs la page (ben oui y’avait des francs) me connaissant, sur tous les plans dans la longueur (:-), je vais en avoir pour 7000 balles. Alors ne reste plus que l’ordinateur.

Bon on va pas refaire l’inflation et le système économique mais vous qui dépensez 300 euros si vous êtes malin pour 300 euros (soit 2000 boules) et ben à l’époque, fallait dépenser 7000 boules pour le truc de base. Bon 7000 boules, ça le faisait pas avec les bourses.  La reum étant caissière ça le faisait moyen mais comme elle était fière de son fiston qui finalement n’était pas devenu délinquant, elle a sacrifié une partie de sa courte vie pour payer au fils prodigue une machine.

Alors attention les yeux. 486 DX4 100. Bref, windows 3.1 et dos 6.0.

Alors on achète le truc et là et ben il a fallu improviser. Parce que un PC de base, ça veut dire avec rien. Mais alors comment que je fais moi pour taper mon mémoire avec le pauvre éditeur de texte fourni. Ben oui quoi j’ai prévu des graphiques, des images, enfin j’ai prévu un méga truc pour ma maîtrise. Alors il me faut word 6.

Alors vous tous qui avez le téléchargement de logiciels  facile malgré hadopi, et bien sachez qu’en 1995, et ben un logiciel cracké ça se trouvait pas comme ça.

Et ben alors bibi, qu’est-ce qu’il a fait? Et ben il a fait un truc pas bien! pas d’internet pour trouver des choses toutes faites. Alors il a passé des nuits blanches, et des nuits blanches et il a trouvé le moyen de faire marché le word 6 de quelqu’un d’autre. avec une autre clef (en même temps avec le recul, c’était un peu de  la nioniote).

Bon pour l’instant, pas de super pouvoir, je ne suis qu’un humain comme tant d’autres, désabusé par les efforts d’une multinationale pour se faire du fric facilement.

Bon et après. Et ben après, j’ai découvert qu’avec un PC on pouvait aussi jouer. mais c’était cher. Qu’à cela ne tienne. Quelques nuits blanches et j’ai trouvé le moyen de faire marcher des jeux. Toujours pas de super pouvoir.

Le temps passe, je tape ma maîtrise, je m’achète un premier scanner, un truc sur roulettes en noir et blanc (j’étais le premier à en avoir un). Faut dire qu’à installer c’était tout un poème. Bref, je fais ma maîtrise et je trouve tout ça top.

Puis je me dis, bon c’est bien beau tout ça, mais je me sens un peu limité. Alors je vais faire un petit résumé express. Je passe le concours de profs (faut dire que je l’ai passé trois fois). Ben oui il a fallu que je comprenne qu’il suffisait de se couper la tignasse pour que l’oral se passe sans accroc. Bref, j’achète un Athlon et là je passe à 300 mhZ. Puis je me rend compte que ça ne me suffit pas pour ce que j’en fait (ben oui, vectoriel, vidéo & co). Alors je découvre que l’on peut overclocker le processeur de la bête avec un crayon à papier (le graphite est conducteur). Alors je le fais. ça tourne mieux. Puis je découvre que l’on peut overclocker encore mieux avec une soudure. un fer à soudure plus loin et hop j’ai une bête de compet! Et là je fais tout ce que je veux!

Alors bien sur tout ça me sert à bosser, mais surtout cela me sert à faire des conneries. Puis internet arrive et là, je découvre mon super pouvoir que j’avais enfoui au fond de moi. Je comprend tout vite fait, je sais chercher, je peux faire tout ce que je veux! Pourquoi, parce que je découvre qu’internet, c’est aussi (enfin alors) des gens qui veulent partager des choses. Alors je passe des nuits sur des forums, j’apprends, j’enseigne, je partage, je code, à en devenir fou.

Parce que le voilà mon super pouvoir: La communauté, l’échange, le partage. parce que bizarrement, alors qu’aujourd’hui, le terme réseau sociaux résonne de partout, et bien internet c’était cela depuis le début. Sauf qu’aujourd’hui on se masturbe intellectuellement pour les expliquer (parce qu’aujourd’hui on aime expliquer des trucs tous cons comme il y a des gens qui discutent alors que les gens discutent depuis que l’humanité sait parler). bref, je m’explique, j’ai le super pouvoir de comprendre instinctivement toute donnée technique mais j’ai surtout le bon sens de savoir où chercher.

Ben à quoi ça sert tout ça. Bon d’abord à faire des conneries. Ben oui parce que quand on maîtrise un peu et que le majorité des sites sont en html basique et ben pas dur de faire des conneries. Mais ça ça passe et je voulais pas décevoir Moman en faisant des bêtises. Alors je me suis dis que ça pouvait servir.

Alors résumons encore la vie. Le concours décroché grâce à un mètre de chevelure en moins. Je me dis que c’est un peu con de savoir faire plein de trucs avec une machine et de ne pas en faire profiter les élèves. Sauf qu’à l’époque comment en faire profiter les élèves? pas de salle informatique, pas d’internet au Lycée, pas de vidéoprojecteur, pas d’ordinateur. Et ben mes élèves n’en profitaient pas.

Et puis comme tout bon prof stagiaire j’ai été muté très loin de chez moi, dans un pays où il pleut tout le temps ( la normandie c’est bien grâce au réchauffement climatique, il n’y a que les écolos qui en doutent). Et là, je me retrouve, sur la planète Mars. Parce que je suis arrivé sur Mars.

Lorsque j’arrive le chef de l’époque me dit: « chacun doit faire sa guerre, bienvenue en enfer ». C’est du texto, je ne fais pas un résumé. Bon alors je flippe un peu ma race, mais j’ai un peu plein d’idées. Etrangement, lors de la rentrée, ce n’est pas le même chef (l’autre avait omis de dire qu’il partait).

Alors je flippe ma race, je me présente à la pré rentrée. Et effectivement je suis sur mars. Le chef arrivant dit à la prérentrée: ceux qui ont des projets spéciaux, viennent me voir, je ferai ce que je pourrai. Bon ma foi, je vais le voir. « Bonjour monsieur » (« au passage, vous voulez pas être Prof principal parce qu’ici personne veut? » « heu, je sais pas, je viens d’arriver! » « avec votre physique je suis sûr que vous y arriverez »). Bon après ces quelques échanges ou je dis oui, on en arrive au projet. Alors j’avais pas vraiment de projet, je voulais juste un vidéo projecteur et un pc. Alors j’expose mon cas. Et il dit OUI.

Je ne suis pas né de la dernière pluie et je me dit ouah le cake, il me la joue à l’esbroufe. Et un mois plus tard, un vidéo projecteur et un portable. Faut dire que quand c’est arrivé, et ben je suis tombé sur le cul. Je suis rentré chez moi avec le portable. Et puis je me dis, je voulais tout ça, mais maintenant je fais quoi.

Alors je réfléchis! je réfléchis! je réfléchis! Ben oui je suis un mec, donc parfois c’est long. Alors, je fais un truc terrible, des powerpoint. Et là, ça tabasse. J’emporte un succès massif, quelques collègues veulent tester et ça marche d’enfer. Aujourd’hui @Lannoy29 dirait que j’ai fait un pauvre point. Oui je l’ai fait et je n’ai pas honte. Et j’ai même fait mieux. J’ai fait un pauvre point lors de ma première inspection, ce qui m’a valu les louanges de l’inspecteur. Faut dire que c’était peut être un pauvre point mais que j’ai inventé le TBIQAF lors de cette séance (TAbleau Blanc Interactif Que Avec Feutre). Comme quoi, aujourd’hui on n’invente rien, mon tableau était interactif avant que cela n’existe. Les élèves, ils trouvaient ça vachement interactif avec un feutre.

Et malgré toutes les louanges, j’étais frustré. Avec le temps, les dotations informatiques, etc, j’étais toujours frustré. Alors je me suis dis, mais maintenant qu’il y a une salle info, ben les élèves, ils peuvent faire de l’interactif tout seul. Alors au début j’ai transformé mes pauvres point en trucs html interactif où les élèves étaient totalement autonomes.

Et ils ont adoré. mais j’étais toujours frustré. Alors j’ai commandé plus de matos. une classe avec tous les élèves dotés d’un portable. et le succès, auprès des élèves! bref, tout me souriait. Deuxième inspection, une inspectrice pas très tice, des élèves pendant toute l’heure sur leur portable. Et engouement des élèves et de l’inspectrice. Enfin engouement je vais vite (c’est pas mon truc mais vous avez fait tout ce qu’on demande et puis les élèves ont travaillé).

Bien conscient de mon super pouvoir, je teste, je tente, jusqu’à l’échec que je ne détaillerai pas ici. Pour résumer, on peut anticiper plein de choses mais on ne peut pas anticiper les collègues.

Je ne suis pas refroidi, je teste toujours, je cherche toujours la solution qui crée l’élève autonome, l’élève qui veut apprendre. je me ramasse, je me relève, j’ai l’impression de faire le métier que je voulais faire, j’ai presque l’impression d’être utile.

Mais je suis frustré toujours! et peut être est-ce là que réside le super pouvoir? Frustré de ne pas trouver la solution, fier de la chercher, dégoûté de me sentir seul dans cette dynamique. parce qu’après  des années dans le même établissement, après le passage de dizaines de collègues, je me dis qu’il n’est pas possible d’être seul dans cette dynamique.

Et puis un jour je découvre twitter. Bon d’accord, au début, j’accroche moyen, Y’a personne. puis je découvre des gens, j’échange des trucs j’ai l’impression d’avoir enfin une salle des profs qui me convient.

Quelque part, plus le temps passe, plus je me dis que le super pouvoir dans ce boulot, c’est de passer outre l’immobilisme de la profession (parce qu’il ne faut pas se leurrer, il existe, trop présent) et de vouloir croire qu’innover, c’est juste faire son métier!

Derrière la porte verte (ou comment les amateurs des films de genre viendront lire un article pas pour eux)

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Bon j’avoue le titre est un peu provoc mais seule une frange comprendra! La porte verte, c’est la porte de mon CDI. On sait ce qu’il y a derrière quand on y est mais pas toujours.

Ben oui parce que s’il y a bien un métier étrange dans l’Educ nat, c’est celui de prof doc. Pourquoi étrange? et ben posez vous un peu la question suivante: « un prof peut-il être une personne sans élèves »?. Non parce que ce qui  caractérise un prof, c’est un peu d’avoir des élèves devant lui! Ben pas toujours, il y a des profs, en tous les cas, ils en ont officiellement le nom, qui n’ont pas d’élèves attitrés!

Certains diront ben c’est balot, y font quoi alors? et d’autres diront Cool! y font quoi alors? Ben voilà la grande question Y font quoi alors? Ou pour être plus précis, elles font quoi? Non parce que prof doc, c’est un peu comme infirmière, c’est un métier de femme. D’ailleurs, même quand c’est des hommes, c’est pas des hommes comme nous, qui aiment la viande rouge!

Alors Y font quoi? Ben c’est là que ce métier se complique parce que y font pas tous pareil. Parce que les profs docs, y’en a qui bossent, et y’en a plein qui bossent aussi mais pas pareil. Ces dames là, elles sont pas comme nous, elles commandent des livres. Ben oui, la première mission de la prof doc c’est de commander des livres. Ben oui, faut bien quelqu’un pour penser à commander Harry Potter ou Twillight parce que sinon, s’il y a avait que les profs de Français, les élèves liraient que des trucs chiants, bien écrits mais chiants. Alors qu’avec la prof doc, ils peuvent lire des trucs mal écrits mais passionnants (quand t’as 12 ans et que tu t’appelles Sandy). Mais au moins grâce à la prof doc, les élèves ils lisent (je reviendrai sur ce léger détail).

Y font aussi un truc génial, ils classent les livres en fonction d’une classification que seuls les profs docs peuvent comprendre. Imaginons que tu ais, pauvre lecteur, 600 livres comme chez moi. Et ben au CDI c’est pareil, y’a 600 livres. Alors toi, tu prends un logiciel sympa et tu classes tes livres par auteurs ou par titre. Et ben la prof doc même pas. La prof doc elle classe ses 600 livres avec un systèmes que seuls les membres de sa secte peuvent comprendre. Comme ça, si elle part, et ben t’es obligé d’appeler une autre prof doc. D’accord c’est obscur, mais ça c’est vachement important. Et pour faire ça, et pour bien être sûr qu’elle ne perd pas des livres, la prof doc, elle utilise un logiciel.

Aujourd’hui on ne dit plus logiciel, on dit application parce que c’est en ligne. mais pour être sûr de bien faire son métier, la prof doc, elle prend un logiciel qu’elle est seule à pouvoir comprendre. Toute la secte utilise d’ailleurs le même logiciel BCDI. Enfin la même usine à gaz parce que ça c’est validé par les inspecteurs des profs docs. Et les applications mieux que BCDI y’en a plein, sauf qu’elles sont pas validées. C’est bien dommage pour des trucs comme PMB (ben oui vous en avez pas entendu parler, faut pas en parler).

Et puis comme les profs docs, elles sont « profs » (enfin sans les copies, sans les bulletins, sans les élèves), elles font des cours, et là, il y a deux sortes de profs docs. La prof doc à moustache et la bombasse et celle qui aurait pu être bombasse mais qui a pas eu de chance.

Alors là je ne parle que par expérience personnelle. La prof doc à moustache c’est toujours la même, qu’elle ait 25 ou 55 ans, elle est pareille, elle a de la moustache, et surtout elle est invisible (c’est un peu la raison du titre, la porte est fermée). Elle aime pas les élèves, elle aime pas les profs, elle aime même pas  les livres. Autant dire qu’elle n’aime personne. mais elle aime faire c…. son monde avec son application qui marche pas parce que la prof à moustache l’application c’est sa meilleure amie.

Passons à la bombasse parce que elle est très différente. Bon en fait je les appelle bombasse parce que j’en connaîs pas 36. Mais j’en connais au moins deux qui valent le coup d’oeil. mais surtout, elles aiment les élèves, elles aiment les profs (sauf les cons) et elles aiment les livres. Alors bien sûr, appartenant à la secte, elles utilisent les mêmes applications qui feraient vomir n’importe quel développeur, mais elles crachent dessus, et surtout, elles aiment les élèves, alors elles font des vrais cours. OUI des VRAIS COURS, avec des élèves dedans et pas que Marie Charlotte qui est tellement chiante à 12 ans qu’elles deviendra prof doc à moustache si elle ne se ressaisit pas. Donc des vrais élèves et des vrais cours.

Et quand je dis des vrais cours, je dis avec du contenu pas juste on va lire un livre. Un cours devant élève, avec une problématique une éducation et tout ça. Ca vous sidère hein? Ben ça existe. Y’en a même elles font leur cours avec les autres profs.

Bon pour en revenir au sujet principal, qu’est-ce qu’elles font? Ben encore deux optiques. La prof doc à moustaches elle couvre des livres c’est d’ailleurs l’explication donnée quant à la fermeture de la porte. La Bombasse, elle couvre même pas les livres, la Honte!

Bon c’était juste un petit article et puis là j’ai envie d’aller dormir donc je vais pas épilogué. mais faut faire attention avec cette catégorie de « profs » parce que parfois, il y en a des déguisés. Certaines bombasses sont déguisés en profs à moustache. Avant de juger, il y a juste des trucs simples à faire. Demander à la dame derrière la porte verte si elle veut pas faire une séquence commune en n’importe quoi histoire que les gamins s’initient à la recherche. Si on vous répond oui c’est déjà pas sûre que ce soit une prof doc à moustache. Si c’est la dame derrière la porte verte qui vient vous demander ça, trois solutions:

-La dame a des idées cochonnes derrière la tête

-La dame est une bombasse

-La dame est une prof doc à moustache qui va être inspectée

Bon d’accord c’est pas toujours facile de s’y retrouver, mais fallait bien ça pour dire qu’il ne faut jamais juger hâtivement une profession. Quand la porte est fermée, ben c’est sûrement que ce n’est pas une bombasse.

Sûr ce je m’en vais dormir avec une bombasse.

 

Le mauvais fils (ou comment tu crois que t’as foiré un truc alors que t’as réussi)

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Bon la quarantaine approche! en même temps je m’en fous un peu je me suis jamais senti aussi jeune. Une nouvelle vie professionnelle, une nouvelle vie sentimentale, une nouvelle vie tout cours!

Alors pourquoi j’écris ces lignes. Ben je rentre chez moi après une très longue journée, et là, je me rends compte que j’ai besoin de parler à quelqu’un.  Je pourrai appeler ma chère et tendre, mais non c’est pas le quelqu’un en question! En fait je voulais parler à Maman.

C’est bizarre la vie, des fois t’as plein de gens autour de toi à qui parler et tu parles pas et la seule personne à qui tu voudrais parler, elle existe pas. J’ai plus de maman depuis quelques années déjà. C’est la vie, enfin la mort, enfin la maladie et tous les trucs pas drôles qui vont avec.

Je rentre ce soir, et comme souvent, je me pause en me disant, putain mon gars, la journée de merde. Enfin pas tant que ça, je ne vais pas épiloguer mais finalement une journée pas terrible. Habituellement, j’allume ma console, je crame quelques ennemis de tous bords, et je reprends ma vie de prof. Et là, rien. Bon alors je réfléchis sur ma journée (et réfléchir, c’est pas le truc qui me caractérise le plus). D’habitude, j’aurais appelé mon amoureuse et j’aurais dit putain de journée pourrie. Ben là j’ai même pas envie de me plaindre. J’ai juste envie de savoir si ma vie elle est pas naze.

Ma mère elle disait toujours, « ta vie, elle est réussie quand tu fais ce que tu as envie de faire ». Enfin bon je sais pas si c’est le conseil suprême parce qu’elle disait aussi, « la côte de porc c’est bon pour toi ». Bon avec mes kilos je suis pas sûr. Ben oui Maman je fais ce que j’ai envie de faire, mais je me pause toujours la question.

parce que faut bien avouer que je suis pas le fils idéal. outre mon adolescence difficile, mon comportement de pré-délinquant et la  masse de connerie que j’ai pu accumuler, j’ai aussi été le mauvais fils à la fin. Parce que quand on m’a dit que c’était la fin et ben j’ai pas top assumé et j’ai refusé de voir ma mère diminuée. Ben ouais ma mère, c’est ma mère, et c’est elle qui a tout assumé donc elle peut pas être diminuée. Si je résume, j’ai laissé ma mère mourir toute seule. Et ben deux jours avant la fin, au téléphone, elle m’a dit, « réussis »! Ben merde, en vla un challenge! et parfois, je rentre chez moi, et je me pause cette question: est-ce que j’ai réussi!

Parfois, je voudrais encore avoir une maman pour savoir ce que c’est réussir. Je pense réussir professionnellement (encore que l’institution n’est pas très reconnaissante, j’espère réussir amoureusement, je pense réussir personnellement). Mais c’est quoi « réussis ».

Ben des fois, je voudrais encore avoir ma mère, juste pour dire, j’ai fait Presque tout ce que tu voulais, PRESQUE! Je suis peut être pas un bon fils mais je crois que je suis bon quelque part! enfin j’espère mais ceux qui pensent le contraire sont de mauvaises mères!

Ticeman origins part 2: Contourner hadopi par un bout de scotch (ou comment imaginer le monde du libre sans le connaître)

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Retour sur l’épisode précédent. Tout est né d’une frustration. Tout continue sur une frustration.

Mes débuts tumultueux dans le monde de la technologie ont été encouragés par un ordinateur magique, mon premier ordinateur. Faut croire que tout ce qui arrive en premier est magique. Je me souviens avec nostalgie de ma première voiture, je me souviens avec nostalgie de mon premier ordinateur, je me souviens avec nostalgie de mon premier baiser (ah non pas trop en fait, j’ai le vague souvenir que l’appareil dentaire ça pique la langue…).

Bref, parlons un peu de ce premier ordinateur. Mon mien à moi. Je refais pas un topo sur mon monde. Avoir un ordinateur même après tout le monde, c’était déjà énorme pour moi.

Mon premier ordinateur c’était ça:

httpv://www.youtube.com/watch?v=NTgeR0LXgZw

Bon pas le mieux des deux, le mien c’était le modèle avec cassettes. Mais en fait c’était un avantage. Avec cet ordinateur, qui coûtait plus d’un mois de salaire de Moman, et ben tu avais le droit à des trucs géniaux.

Premier droit:

-Tu pouvais attendre 10 minutes avant que ton programme se charge. Ben oui à l’époque pas de disque dur, pas d’OS, tout était dans le logiciel.

Deuxième droit:

-Tu pouvais pendant la dizaine de minutes de chargement, entendre une douce musique à mi chemin entre la roulette du dentiste et le cri de Jamie Lee Curtis dans Halloween (qu’est-ce que je l’aimais celle-là). Ben oui, parce que tout ce qu’il y avait d’inscrit sur la cassette se manifestait par un son. Mais ce son, c’était un peu le symbole du succès. Quand tu étais capable de le reconnaître tu faisais partie de la communauté des possesseurs d’Amstrad. Quelques années plus tard, alors que je découvrais Internet, je retrouvais avec ravissement un son identique dans le bruit du modem 56k.

-Troisième droit (et pas des moindres):

-Si tu disposais d’un Amstrad CPC 464, et bien tu avais à ta disposition, gratuitement, tous les logiciels existants. Et oui, tout gratuit, le monde du libre avant le libre. Et oui, quand tu as un logiciel sur cassette, et bien il peut se copier comme une cassette. Et dans le même temps, les gens ingénieux qui bossent dans l’électroménager ont inventé, le lecteur double cassette. Ben oui, faut quand même être ingénieux pour vendre des cassettes et vendre en même temps de quoi les copier, et après se plaindre que les cassettes sont copiées. Il paraît d’ailleurs, mais c’est une rumeur, qu’aujourd’hui, les vendeurs de graveur DVD ou Blue Ray sont les mêmes qui vendent des DVD et des Blue Ray.

 

Bref, maintenant que sont définis les droits de l’utilisateur de l’Amstrad et bien, on peut enfin parler de cet avantage énorme.

Tout copier en quelques minutes. Tu achètes la machine, qui comme le dit la pub ne nécessite qu’un seul branchement et tu as à ta disposition tous les logiciels existants. Oui bien sûr les cassettes étaient déjà dmrisées pour ne pas pouvoir être copiées. Mais à l’époque les DRM c’étaient une languette de plastique qui manquait sur la cassette. Sans cette languette, pas de copie possible.

Après une intense réflexion (de bien quelques secondes, ben oui parce que la tignasse qui recouvraient mon crâne ralentissaient mon refroidissement cérébral), je me dis: « mais, il suffit de remplacer la languette manquante ». Et voilà que j’invente (oui j’ai bien dis JE) le système pour contrer HADOPI des années 80, le morceau de scotch (et je défie quiconque de dire que ce n’est pas moi qui l’ait inventé, de toute façon c’est mon blog). Un bout de scotch à la place de la languette et hop tu es un hacker.

Devenu hacker, je me dis alors, que vais-je faire de ce nouveau talent? Ben oui pas tous les jours évidents d’avoir une capacité extraordinaire. Je me mis donc à copier tout  et n’importe quoi pour tout connaître sur les possibilités énormes de mon ordinateur. Et là je découvris tout ce que l’on pouvait faire avec un ordinateur à cette époque:

httpv://www.youtube.com/watch?v=VwvevInhipQ

Non pas couper des têtes, sinon j’aurais orienté ma carrière vers la gestion des ressources humaines, mais jouer. Parce que voilà, quand t’as 15 ans, que t’as un ordinateur, qu’internet n’existe pas encore, qu’est-ce que tu peux bien faire d’autres? Ben oui, un ordinateur sans internet c’est un peu comme une relation platonique: tu fais vite le tour et ça devient ennuyeux. Bref, entre deux découpage de tête dans Barbarian, finir douze fois Bruce Lee, enquêter dans le manoir de Mortevielle, l’ordinateur est devenu rapidement ennuyeux. Alors en bon hacker de l’époque, je copiais pour les autres.

Puis je me mis à bidouiller. Ben oui, à quoi bon copier si tu ne fais que mettre l’original. Donc je me dis, ben faudrait apporter un plus. Alors, je me mis à trouver des copies déplombées par d’ingénieux bidouilleurs plus forts que moi qui ajoutaient les vies infinies dans les jeux, le temps infini etc. Et puis je me dis mais je pourrais aussi le faire. Alors je me mis à bidouiller aussi et à ajouter des trucs sans grands succès d’ailleurs faute de matériel: ben oui parce que faire sauter une protection à l’époque nécessitait du matos à brancher sur ta machine et moi j’en avais pas.

Mais le plus important de ma carrière de hacker au scotch, c’est la réflexion qui en a découlé.

La première réflexion fut de me dire qu’un ordinateur ça ne sert que si on a quelque chose à faire avec. C’est marrant c’est d’ailleurs toujours ce que je pense et ça me fait bien rire d’apprendre que les enseignants du Québec vont tous être dotés d’un portable. Ben oui imaginer un peu l’enseignant qui s’en fout royalement des tice, et ben il ne saura pas quoi en faire et comme des millions d’utilisateurs, il ne trouvera ça bien que pour surfer sur des sites porno.

Ma deuxième réflexion fut de me dire que l’ensemble de l’écosystème était débile. Bon d’accord à l’époque ma réflexion ne comprenait pas le terme écosystème. Mais bon je me disais, avec mes mots à moi dedans ma tête chevelue: « pourquoi forcer les gens à copier des logiciels alors qu’il serait si simple qu’ils soient gratuits et copiables ». Et oui, c’est à cet époque que j’ai inventé la notion de logiciel libre qui m’a été reprise par la suite (Je rappelle que c’est mon blog). D’ailleurs, je me pose toujours la même question aujourd’hui. Non parce que vous ça ne vous gêne pas tout ça. D’ailleurs, c’est marrant parce que même aujourd’hui alors que les logiciels libres existent, et bien il y a des gens que je ne nommerai pas, mais dont le logo est une pomme avariée (en tout cas il en manque un bout) qui diffusent sur leur appstore des logiciels gratuits au prix de 3€ (vérifié par moi même).

Bref, ce bref article pour dire que l’Amstrad a été une prise de conscience sérieuse. Je me dis alors que je pourrais faire bien autre chose que couper des têtes avec mon ordinateur, et je me dis surtout que l’ordinateur du futur ne sera pas un ordinateur qui oblige les gens à bidouiller pour avoir le droit d’utiliser des logiciels utiles. Bref, l’ordinateur du futur sera…. celui que j’utilise aujourd’hui.

 

 

 

Les cousins du Québec sont-ils des êtres humains comme nous? (Ou le double effet twitter sur la perception du monde)

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Bon, ça va devenir une coutume, je vais débuter par une vidéo!

httpv://www.youtube.com/watch?v=pIk3hl7pqRY

Bon on va pas se baser là dessus pour arriver à une conclusion. J’avais envie de revenir un peu dans le temps avant tout, le temps où je ne sortais pas le samedi soir pour ne pas rater cette émission et mon début de carrière où un élève m’a posé une question tellement étrange qu’elle est restée ancrée comme un leitmotiv de ma fonction. Bon les habitués ne seront pas choqués par la digression. L’élève en question en plein cours sur les hébreux a posé une question plus que surprenante sur le sujet.

Et voilà, vous oubliez le sujet de l’article et vous voulez absolument savoir quelle est cette question? Et bien cette question est: « Monsieur, les mouches, c’est des êtres humains comme nous? » Bon il faut dire qu’une mouche s’était introduite dans la classe, que kadour adorait s’intéresser à tout ce qui n’avait pas rapport avec le cours et qu’une mouche dans la classe, y’a des jours, c’est important. Je termine bientôt la digression, promis! D’ailleurs à propos de l’imprévu, vous pouvez aller lire ce billet de Mila Saint Anne. Bref, je ne dirai pas comment s’est résolue l’affaire, ce sera peut être le sujet d’un autre billet, mais je me suis dit, ben mon gars, tu vas rester dans ce collège, l’Education Nationale a besoin de toi ICI.

Bref revenons-en à notre sujet, les québécois sont-ils comme nous? Bon si on regarde la vidéo, on dit d’abord, bon ils ont un accent rigolo. mais cher lecteur, je ne parle pas du québécois en tant que personne, je parle du québécois en tant que pédagogue actif sur twitter.

Seconde digression! Qui est intéressé par la pédagogie a forcément des québécois dans sa timeline (je fais pas un cours sur twitter donc tant pis pour ceux qui n’utilisent pas). Ben oui, des québécois qui twittent pédago y’en a plein et plutôt bien d’ailleurs. Bon comme je n’ai consulté personne, je ne citerai pas de nom.

Alors où je veux en venir au fait? Oui parce que après quelques articles, je me rends bien compte (merci les mails insultants) que parfois, j’ai un discours confus.

Et ben je veux en venir au fait que suivant quelques québécois pédago sur twitter, j’ai eu tendance à me dire. Mais les profs québécois sont formidables: ben oui, j’en vois pas qui se plaignent, ils sont pour des réformes qui terrorisent les collègues français (quoi, un chef d’établissement pourrait  recruter ses enseignants? et ben ça fait peur qu’en France apparemment), ils sont au fait des recherches sur les troubles de l’apprentissage. Bref, quand on suit un québécois sur twitter et ben on se dit, il y a des pays où les profs réfléchissent plus que chez nous!

Et par un éclair de génie (faut dire qu’il s’agissait d’une période où je terminais juste Vanquish et que j’avais plus de jeu prenant en réserve), je me suis dit, mais si en fait, je ne suivais que les bons. Ben oui sur Twitter on suit qui on veut après tout. Peut être que les profs qui ont la rame, qui détestent les élèves, qui sont rétrogrades, ben peut être que je les trouve pas. Et là j’ai eu une super conclusion, ben tout bêtement, je les cherche pas, je ne les suis pas.

Et là le bon lecteur comprend que je parle d’autre chose! le mauvais lecteur il s ‘est déjà barré de toute façon! Ben oui, Twitter c’est quand même une grosse partie de subjectivité, une grosse partie d’intérêt personnel et professionnel et une grosse partie de Toi. Ben oui, le sujet principal, ce n’est pas le québécois, c’est: Twitter te permet de trouver des gens qui partagent tes centres d’intérêt!

Ah! tu vois mieux où j’en arrive! Forcément que le cousin est un être humain comme nous (enfin avec un accent rigolo)! Forcément qu’au Québec il y a des profs chiants, feignants, cons et avec tous les défauts imaginables. Forcément qu’il n’y a pas un pays où les éducateurs sont mieux ou moins bien qu’ailleurs (d’ailleurs je dis éducateur volontairement, et je précise en prime que la vocation a un aspect assez international).

Non twitter ce n’est pas la vraie vie! (je suis pas débile, la vraie vie c’est Assassin’s Creed en ce moment). Non Twitter ce n’est pas un lieu d’information absolue. Non Twitter ce n’est pas que des gens intéressants. Mais Twitter c’est le lieu qui te permet de rencontrer virtuellement des avis différents, des gens différents mais des gens qui partagent ton intérêt.

Parce qu’il y a une chose vachement bien sur Twitter c’est que tu suis qui tu veux, et quand tu ne veux plus et ben tu suis plus. Et chacun en fera ce qu’il veut. Certains bossent avec, (d’ailleurs y’en a une qui en ce moment doit se cailler chez les cousins) certains échangent des recettes de cuisine, certains jouent au Kamoulox, et certains font tout ça.

Et un truc formidable, Twitter te permet d’être ce que tu veux. Tu peux à la fois avoir envie de déconner (ça m’arrive souvent même si je perds des followers mais mon humour n’est pas négociable), travailler (et mon travail n’est pas négociable), parler de tout et de rien et suivre des événements auxquels tu ne peux te rendre pour différentes raisons.

Je ne suis pas objectif sur Twitter, j’y ai (re)trouvé la femme que j’aime. Mais pour rester objectif, et bien grâce à Twitter je vais suivre Clair 2011, un grand événement pédagogique au Québec (et là tu viens de comprendre le sujet de mon billet), je vais commenter, je vais débattre, et je vais me dire, ils sont peut être pas comme nous avec leur accent rigolo, mais au moins, à des milliers de kilomètres, j’ai les collègues que je rêve d’avoir.

Je mutualise, tu mutualises …. Il nous emm…..

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Tout a commencé comme un conte! tout était beau, tout était joli, le monde était juste et le soleil brillait! (oui je n’étais pas encore en Normandie).

Fraichement sorti de l’IUFM, après une formation de qualité comme on n’en fait plus (ça c’est sur on n’en fait plus mais je plaisante pour la qualité), je me suis dit, ce serait un monde merveilleux, si tous les profs mettaient en commun leurs productions, quel temps nous gagnerions et quel bénéfice ce serait pour nos chers élèves.

Alors je m’abonnais à une liste de discussion célèbre chez les profs d’histoire-géo. Sur cette liste, on trouvait tous les jours des infos sympas, au moins une fois par semaine, il y avait un rappel des nouveautés de clio collège. Alors j’allais voir ce site et me dit, cool, un site qui partage. Toujours dans le rêve d’un monde parfait, je me décidais à créer un site aussi en me disant, ça pourra toujours être utile et ça complétera ce qui existe déjà. J’ai alors créé mon premier site (Histoire Géographie et Multimédia) et comme je pensais que la mutualisation n’était pas une compétition, je me décidais à n’indexer que les ressources numériques utilisables en classe, pas les séances de cours papier que je trouvais déjà sur Clio Collège. Le ton était beau à cet époque. Sur la liste, quand quelque chose de bien était paru sans que ce soit indexé sur un site, quelqu’un le signalait. C’était tellement bien que je me disais, les profs sont formidables.

Alors, mu par mes idées de partage et de liberté (je caressais déjà le manchot à cet époque et croyais dur comme fer que le libre révolutionnerait ce monde marchandise), je me suis mis au défi de partager toutes mes productions, même celles dont je n’étais pas très satisfait. Et je vis que d’autres faisaient la même chose.

Puis, le monde a changé. Rien à voir avec Skynet ni avec une invasion de zombies. Le monde a changé car j’ai fais quelques comptes (pour ceux qui connaissent mes problèmes en maths, c’est un exploit). Combien y-a-t-il de profs d’Histoire Géo dans ce pays: au bas mot   27 413 (en 2009-2010). Combien y-a-t-il de blogs ou sites qui mutualisent des productions? Euh, et là ce fut le choc: 20-30! Et si on pousse un peu 50 en comptant les sites qui partagent des découvertes tels que l’excellent Gemtice (un peu de pub) et bien d’autres. Certes, quantité d’enseignants utilisent ds blogs ou des sites, et je trouve ça plutôt bien, mais ne mutualisent pas.

Alors en me relisant je me dis, tiens, j’ai changé de ton par rapport à d’habitude! Ben non, je vais revenir à mes bonnes vieilles habitudes.

Mutualisation est un grand mot chez les éducateurs du net. beaucoup ne parlent que de cela, beaucoup en veulent et en redemandent, beaucoup voient cela comme l’avenir de l’éduction. Et bien, à un moment, il faudrait regarder en face des trous pour bien voir. La mutualisation ça n’existe pas vraiment, et le collaboratif encore moins. Enfin si ça existe mais il n’y a pas de quoi en faire un plat, ça existe pour une cinquantaine de personnes sur 27000 et des brouettes.

Alors comme pour X-OR, revoyons la scène au ralenti! Et là je vais citer des noms. Pourquoi tout le monde ne mutualise pas? Voyons tout d’abord les types de mutualisateurs:

-Les « comme moi »: C’est mon blog, j’ai bien le droit de me mettre en avant! Les comme moi, ils mutualisent tout, parce qu’ils croient en un monde libre, en des licences libres… Pour tout dire je mutualiserai même mon caleçon si ça pouvait servir la cause!

-les HGV85: Les HGV85 sont presque comme les « comme moi » sauf qu’ils habitent en Vendée et qu’ils sont moins forts! (je le redis c’est mon Blog). Différence aussi, c’est qu’il laverait son caleçon avant de le mutualiser!

-les autres: je ne vais pas citer de nom sans les connaître personnellement: des gens bien sympas qui mettent en ligne leurs productions avec souvent le soucis de bien faire.

-les sites académiques: de la mutualisation institutionnelle, de qualité plus que variable, mais qui a le mérite d’exister. Je n’en dis pas plus, je pourrais me lâcher. (non parce qu’il faut bien le dire y’a des gros boulets parfois sur les sites académiques et des productions plus que douteuses et c’est bien dommage ça pénalise les petits bonheurs que l’on peut y trouver).

Là, ayant perdu quelques lecteurs, qui se demandent où je bien en venir, je vais enfin dire pourquoi j’écris tout ça! Ce matin, en relevant mes mails, je lis des messages de cette fameuse liste pour profs d’HG et là je trouve un super message. Une collègue soumet un lien et obtient comme réponse un message que je qualifierai d’insultant. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Ticeman a des règles d’éthique et de politesse et là j’ai personnellement trouvé la réponse insultante. Non seulement pour la collègue qui poste le message pour partager (autrement dit revenir à ce qui se faisait avant sur cette liste) mais surtout insultant pour les collègues qui ont pondu le travail. En même temps, je plains le pauvre monsieur qui a davantage l’air de découvrir le contenu du programme en cours d’année.

bref, où je veux en venir, pourquoi, certains ne mutualisent pas, et pourquoi, les critiques proviennent justement de ceux qui ne mutualisent pas. Et là je me reprends. Je vais essayer de ne pas caricaturer pour faire plaisir à la chef des Tuyaunautes ;-).

-Première catégorie: les timides! ceux qui n’osent pas! ceux qui ont peur que leur travail soit jugé. Vous voyez, je suis capable de ne pas caricaturer. C’est louable, ils ont peut être tort, mais il n’y a pas de mauvaises intentions derrière (rien de sexuel dans mes propos, je précise au cas où un gars du Nord ferait un commentaire). Parmi ces gens, on trouve un peu de tout, dont certaines personnes très douées. J’admets que l’on n’ait pas envie de partager même si je ne comprends pas.

-Deuxième catégorie: les branle manettes! Je vous jure que ce n’est pas une caricature. J’ai déjà parler de ce genre de personnes. Elles ne mutualisent pas parce que c’est bien plus simple de prendre le travail mutualisé par les autres.

-Troisième catégorie: Les aigris. Ils voudraient bien, mais ils ne peuvent pas. ils sont dépassés, ne comprennent pas de quoi on parle et sont extrêmement jaloux? Jaloux de ne pas avoir de quoi mutualiser (ben oui il faut bosser pour ça) et jaloux de ne pas faire partie des divers groupes académiques de réflexion ou autres qu’ils envient tellement ils pensent qu’on peut s’en mettre plein le portefeuille. Ceux là, sont un vrai problème car ils polluent la mutualisation, empêchent les bonnes intentions et surtout s’expriment et jettent à la face du monde leur haine.

Quatrième catégorie: Les cons (il y en a dans tous les métiers). Eux ils ne mutualisent pas, parce que partager ça fait trop gauchiste.

Cinquième catégorie: Les commerciaux. Eux ils ne partagent que s’ils peuvent en tirer un profit. C’est à la mode, très air du temps et ça ne les dérange pas de commercialiser le travail des autres comme certains que je ne nommerai pas tellement je les trouve abject. Dans cette catégorie on trouve aussi les « Moi Je » qui se trouvent tellement exceptionnels qu’ils estiment que leur travail mérite un salaire supplémentaire.

Voilà l’état du monde! Je vivais sur un nuage de partage et je me retrouve dans un monde où le partage n’est plus une valeur.

Alors il faudra m’expliquer un truc. Pourquoi avec mes 700 visites par jour et 250 téléchargements, faut-il toujours que ce soit un connard qui viennent mettre son petit commentaire sur mon boulot (et même sur celui des autres)? et d’après quelques discussions avec d’autres mutualisateurs comme hgv85, je ne suis pas le seul dans ce cas. Pourquoi, la masse de gens qui utilise des ressources mutualisées ne s’exprime jamais (ou très peu)?

Si vous avez un avis, n »hésitez pas à commenter, j’aimerai bien comprendre! Bon au départ, je devais aussi parler de récentes discussions sur ENT et Cahier de texte en ligne qui ramènent au même problème, mais je suis un tantinet énervé ce matin!

Tu pues le cambouis, sale technicien!

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Ou du bonheur d’être détesté par ses pairs!

Dans l’éducation nationale, il y a un gros défaut à ne pas avoir! Il est possible de se la couler douce (voire de ne pas en ramer une), possible d’arriver en retard, possible de prendre des stages bidons pour ne pas faire cours! Mais il est impossible d’être  technicien. Et là, le lecteur enseignant se dit: « ah oui, l’institution est responsable de cet état de fait » ou encore « l’intégration des Tice est un réel problème dans l’Education nationale, faute de moyens et de formations ». Et là mon pauvre lecteur enseignant, je dis, tu te plantes, te mets le doigt dans l’oeil (je suis un peu blasé aujourd’hui donc je n’irai pas plus loin); Car le réel problème c’est toi! (enfin pas toi puisque si tu es en train de lire tu sais bien que je  je ne parle pas de toi mais de tes collègues qui regardent ‘Plus belle la vie’ au lieu de me lire).

Parce que l’institution, elle, elle l’aime le technicien, et elle veut le garder. Il bosse pour pas un rond, il est content quand on achète un disque dur, et il ne réclame rien parce que de toute façon il n’a pas le temps de remplir des feuilles à la con pour réclamer des heures. Donc l’institution, elle n’est pas responsable.

Les vrais responsables ce sont les enseignants, et plus particulièrement deux types d’enseignants.

Le branle manettes et le pedagoquatoutlu! Et ces deux personnages détestent le sale technicien pour des raisons bien différentes mais bien semblables:

1-keskildit: Le sale technicien, il a un gros problème, il ne parle pas comme les autres. Quand on lui dit « Charles Albert est trop pénible, je ne sais plus quoi faire » (à noter que Charles Albert peut être traduit par Djamel, Jason, Brenda….), il répond pourtant il a son B2I (non ce n’est pas un boys band) depuis la cinquième. Et là le sale technicien, il passe pour un gros con, parce que savoir se servir d’un PC, c’est pas ça qui va l’aider le pauvre Charles Albert qui a pris un zéro quand par accident il a tutoyé son prof de maths (ben oui Charles Albert, il l’aime bien son prof de maths alors des fois ça lui échappe le tutoiement). Et quand le pedagoquatoutlu, éreinté par toute sa réflexion de la journée confie que le cas de Charles Albert ne correspond pas à la typologie de Glurbtz (célèbre chercheur en sciences de l’éducation lu par lui et trois copains), le sale technicien dit qu’il met ses compétences informatiques au service d’une production collective, ce qui est un item majeur du B2I (  Et qui correspond à l’invariant pédagogique n°21 de la pédagogie Freinet, ce que ne relèvera pas le pedagoquatoutlu parce qu’avec toutes ses lectures, il ne pas en plus chercher si cela correspond à ce qui dans la vraie vie pourrait correspondre à ses lectures).

2-J’ai pas que ça à faire:

la deuxième raison pour détester le sale technicien, c’est qu’il propose des solutions. Et dans l’Education nationale, une solution, ça veut dire qu’il faut changer! Changer! Et changer c’est mal parce que ça peut vouloir dire que ces foutus statuts des années 50 pourraient être remis en cause.  Alors c’est bien beau ton serveur qui permet de distribuer du travail individuellement à chaque élève, mais je ne vais quand même pas passer mes soirées à scanner mes fiches pour lesquelles j’ai déjà passé des heures de collage (et oui  le copier coller, c’est d’abord une technique manuelle très éducation nationale). Et ben oui, le sale technicien, il n’est pas aimé parce qu’avec son nouveau gadget, ça va obliger coconne à faire des fiches numériques au lieu de regarder « Plus belle la Vie » et concon à ne pas lire le professeur  Gratalupkef, qui , en spécialiste des neuros sciences, vient de découvrir que le cerveau adolescent n’est pas fait pour supporter des cours chiants! (Pour ne pas être taxé de sexisme, je confirme que l’on peut tout à fait inverser les rôles de coconne et concon).

3-Comment je vais justifier mon échec maintenant?

Ben oui, si jamais le sale technicien avait une idée qui permettait de changer les choses! comment faire pour justifier la glande! parce que le cercle infernal veut que, l’élève est intenable, donc le cours se passe mal! Donc si le cours s’est mal passé, branle manettes et pedagoquatoutlu doivent se détendre en regardant plus belle la vie ou en lisant un livre d’un gars qu’a tout compris sans avoir jamais vu un élève. Et donc, comme il aura passer tout son temps à ça, le prochain cours, qui n’aura pas changé, se passera toujours aussi mal! Et donc il aura bien plus de temps pour se livrer à ses activités favorites. La boucle est bouclée.

Alors le sale technicien, va se prendre plein de méchants trucs dans la tronche par ses pairs! ça commence par, avec tes cours en sale info, ils n’ont pas de meilleurs notes qu’en classe (Je précise aussi que ces deux personnages n’ont pas compris que la salle info était aussi une salle de classe mais qu’ils la perçoivent comme l’antichambre des jeux vidéos).(seconde digression: S’ils apprenaient que j’adore trucider des zombies, assassiner des templiers, et faire la chasse aux méchants dans le dernier Callof, ça justifierait d’autant plus l’opposition). Oui, mais ils sont contents de venir, n’est-ce pas déjà une grande chose!

Il se prend aussi des grandes phrases du type: « un enseignant qui peut être remplacé par un ordinateur devrait l’être ». Je ne sais plus si la phrase vient d’Asimov ou de C.Clarke (de toute façon, ils penseront qu’elle vient d’un autre pedagoquatoutlu). Alors que le sale technicien, ce qu’il pense, c’est que coconne pourrait bien être remplacée par un ordinateur et devrait l’être (comme ça en plus les élèves ne se taperaient pas sa voix de crécelle).

Alors au final, le sale technicien, il est sale parce qu’il pue le cambouis. Et puer le cambouis c’est pas bien. A quoi ça sert de savoir faire marcher un logiciel ou encore pire, de savoir démonter un PC? A rien si ce n’est à faire en sorte de varier les situations pédagogiques. Et le sale technicien, en réalité, si on le déteste, c’est parce que quand il regarde une machine avec un air ravi dans les yeux, c’est qu’il pense que derrière ça, ses élèves vivront le cours autrement. Alors certes, il ne va pas citer de grands auteurs spécialistes de la pédagogie. Peut être pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas le temps parce qu’il cherche des solutions concrètes à des problèmes concrets. Pire que tout, il cherche même pour les autres disciplines ce qui pourrait être utile. Il se trompe parfois, il s’égare, séduit par la technique. il est aussi parfois acerbe parce qu’il voudrait absolument que tout le monde profite et se désespère de voir coconne ne pas arriver à faire l’appel en ligne qui prend deux clics.

Et ce sale technicien, qui pues le cambouis quand il a des idées pour le boulot et bien bizarrement, il a une odeur plus douce quand le pc du fiston a un problème et que l’on ne sait plus quoi faire. Le cambouis, ça pue seulement au boulot?

Ben oui, la technique ne remplace pas la pédagogie! mais le monde change et aujourd’hui la pédagogie ne saurait se passer de technique. Alors toi qui lit un sale technicien (je confesse avoir passé un temps inoui à lire un manuel sur les bases mysql) et qui comprend ces quelques lignes, merci d’avoir tenu quelques lignes. Et toi qui est en train de comprendre que le sale technicien voudrait remplacer les profs par des ordinateurs ou des logiciels, relie une fois pour voir, on ne sait jamais, des fois que tu pourrais te faire un avis sans adopter l’avis d’un autre.

Et le pire c’est que ça existe à tous les niveaux de l’institution pas seulement chez les collègues. Quand tu maîtrises la technique ça se voit et bizarrement aux yeux de tout le monde ça efface toutes autres qualités. Non parce que quand même, y’a pas grand besoin d’intelligence pour maitriser hein (ni de sérieux, ni de travail)? Et pis, il pourrait faire peur avec toute sa technologie et pis on n’est même pas sûr qu’il puisse adapter son discours aux pauvres mortels. Dans l’éducation nationale, quand on parle technique, on dit ce n’est qu’un outil. Oui ceux qui le disent sont aussi ceux qui voient la craie comme un outil (j’ai piqué cette phrase à quelqu’un). Voilà pourquoi on n’est pas sorti des ronces. Par contre le technicien, ça dérange personne de l’appeler au secours.