Ticeman origins part 1: ma première fois ( ou comment le plan informatique pour tous a gâché ma vie tellement c’était un plan informatique pour personne)

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Aller, une fois de plus je commence par une vidéo. Bon d’accord, chacun a ses références. ma culture est ce qu’elle est. Elevé au Strange et aux BD de super héros, j’ai pour référence celles qui sont les miennes (en même temps je comprends parfois que mes propres potes ajoutent souvent le qualificatif GR.. CO. à mon nom).

httpv://www.youtube.com/watch?v=eRPm4qGR6F8

Tiens d’ailleurs c’est bizarre, c’est la première fois que j’écris un truc sur papier pour ensuite le mettre en ligne. Ca doit être aussi parce que c’est la première fois que je parle de moi, de ma vraie vie d’avant.

Avant j’étais petit. Je sais, c’est dur à imaginer pour ceux qui me connaissent. Je veux dire petit parce que je pannais rien aux ordinateurs et d’ailleurs j’en avais même jamais vu un.

Mais l’Education Nationale a commis le truc le plus inutile jamais inventé, le truc qui m’a permis de voir un ordi, le truc qui m’a fait devenir nul en maths, le truc qui a tué les TICE en France avant même que l’on appelle cela les TICE, le Plan Informatique Pour Tous. C’est presque dommage, à une lettre près, ça faisait PIPO.

Bon alors j’en reviens à mes moutons. Bon alors, j’étais petit et du haut de mes 12 ans en cinquième (Bon comme c’est ma vie que je raconte je fais une petite digression, je dis du haut parce que j’ai pas grandi depuis, donc j’étais une sorte de géant au collège), je découvre l’ordinateur. La séance était annoncée, comme une grande majorité d’établissements en France, mon collège avait reçu du matériel de m….. (destiné à sauver l’industriel Thomson), et, j’avais eu la chance de voir le matériel arriver dans des beaux cartons (d’ailleurs c’est assez marrant, en arrivant dans mon établissement actuel, j’ai retrouvé le même matériel toujours dans les mêmes cartons comme quoi le gâchis était alors une norme).

Et, j’ai fait le premier truc de dingue de ma vie (j’avais déjà mangé des croquettes du chien mais je ne trouve pas ça dingue). J’ai demandé à ma mère, deux mois avant ladite séance de m’acheter LA revue informatique qui tue sa race. Feue ma mère aurait tout fait pour que je sois bon en maths (je ne dis pas feue par rapport à la crémation mais uniquement la disparition, eh oui j’ai du vocabulaire). Donc, maman m’achète La revue, et là, il faut dire que c’était bizarre.

Parce que quand j’étais petit, les revues informatiques c’était:

-Moche (très moche)

-Dur à trouver

-Plein de lignes de codes bizarres

Au final, je ne me souviens pas exactement du nom de la revue, mais sans prendre de risques, je peux dire que le nom finissait par Giciel (en même temps, quasiment toutes les revues contenaient le nom Giciel dedans).

Bref, j’en reviens encore à mes moutons. C’est l’école (remarque ça fait jamais que 35 ans que j’y vais), je suis plutôt un élève doué (mes premières lacunes en maths se font sentir d’où le sacrifice de la maman pour la réussite du fiston), et je me dis que pour une fois je vais faire plaisir au prof de math alors qu’il m’emmerde royalement avec ses trucs bizarres dont je ne pressens aucune utilité, mais qui a le mérite de nous amener devant les ordinateurs (le mot provoquait déjà en moi un truc bizarre en moi).

Parce qu’à l’époque, moi j’en demandais pas plus, voir les ordinateurs. Ben oui quand au même moment ta mère fait du ménage au noir, et ben un ordinateur t’es pas près d’en voir un.

Faut dire qu’à l’époque, ils faisaient tout au collège pour insister sur les ordinateurs et les classes qui devaient y accéder à ce sein des seins (oui d’accord je l’écris pas comme tout le monde mais chacun met du sacré où il peut) avaient même le droit à une réunion spéciale. A l’époque, quand tu étais comme moi, tu urinais de joie tellement tu te sentais privilégié d’aller voir les ordinateurs..

Je me suis senti tellement privilégié que je me suis dit: « ils vont pas être déçus ». Et comme une GR.. CO. (je le répète le surnom m’est resté dans le cercle de mes intimes), je me dis  « toi le prof de maths tu vas lui scier les pattes tellement il va pas en revenir tellement t’es fort » -faut dire que j’étais déjà pas modeste).

Alors, après l’achat exceptionnel de ma Moman chez le buraliste qui lui a vendu pendant des années les merdes qui ont provoqué son cancer ( et qui provoqueront le mien), je potasse, le mois et demi qu’il me reste, LA revue informatique.

Je potasse, je potasse, je potasse, les Strange ne sont même plus lus. Pas Grave, je vais lui en mettre plein la vue au type en blanc tellement il se croit médecin (faut dire qu’à cette époque, il y avait une étrange habitude de porter une blouse blanche en maths, j’ai jamais trop compris pourquoi). Et finalement, j’apprends par coeur le truc appelé listing dans LA revue, par coeur de chez par coeur. J’avais plus je n’ai appris un truc comme ça.

Le jour J arrive. le cours C arrive, j’entre dans la salle S (dans un état limite). Et là arrive ma première déception.

Donc il faut que j’entame encore une digression.. la France, c’est pas comme dans les films américains.  Faut dire que cette même année sortait Wargame, un des films les plus marquants de ma vie, enfin en tout cas le film qui m’a appris que le fantasme ne se limitait pas aux seins, et il faut dire aussi que Temps X, cette merveilleuse émission des frères Bogdanov en diffusait des extraits. Donc MA vision de l’ordinateur elle vient de là, un jeune tape plein de trucs à toute vitesse au risque de créer un conflit mondial.

Alors pourquoi je parlais de déception. Et Ben voilà. Je rentre dans la salle, je m’installe comme on me le dit. Le prof fait son speech chiant. Je voulais ce moment, je supporte tout. Et Là, je regarde le clavier. Dans Wargames, Matthew Broderick, tape à une vitresse phénomènael sur un truc qui ressemble à un clavier. Et moi, je me retrouve devant un truc qui ne ressemble pas à un clavier, le clavier mou. Parce que Thomson a bien fait les choses pour innover, ils ont créé le premier clavier pour ordinateur aussi pratique qu’un clavier de calculatrice. le clavier en gomme.

Donc je ravale ma rage, parce que j’ai un truc à faire. Le prof nous dit ligne à ligne ce qu’il faut faire.

Et là au lieu d’obéir, je tape le truc que j’ai appris par coeur. Je tape je tape, je tape. laborieusement, parce qu’il ne suffit pas de voir un film pour taper rapidement, mais aussi laborieusement parce qu’un clavier mou en gomme et ben c’est pas pratique. Je tape du par coeur, je ne sais pas ce que c’est.

Et arrive bientôt la fin, tout le monde a fait ce qui était demandé, le prof se lève (ce qu’il n’avait pas fait depuis le début de l’heure et vient voir). Et là, quand il voit un petit bonhomme qui se déplace dans tous les coins de l’écran monochrome au lieu de voir je ne sais même pas ce qu’il attendait, je vois dans ses yeux que je vais passer un sale quart d’heure. Et comme je le regardais avec une sorte de fierté disant « t’as vu ce que je sais faire », il me dit: « enlève ce sale sourire insolent ».

Ma première heure de colle, ma première déception, ma première haine d’un prof, ma première frustration.

Et comme le brave bonhomme était le seul de l’établissement à s’être un temps soit peu intéressé aux machines,  je ne suis plus jamais retourné dans cette salle informatique, pas plus qu’un autre élève d’ailleurs.

Aujourd’hui, je pense juste aux élèves qui en masse vont expérimenter les tablets Ipad ou autre achetées par des CG pour de sombres opérations de com et qui n’auront pas la chance d’avoir un @Lannoy29* comme prof qui sait ce qu’il peut en tirer mais qui aura un prof de bonne volonté pas formé, qui va décevoir un élève rêveur!

*a noter que cela se prononce @lanoilletwentynine chez certaines tweeteuses!

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